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Images photos plongee Avec ses images aériennes, terrestres et sous-marines de voyages, le but de ce site est de vous faire découvrir la variété de la faune et de la flore et la beauté des paysages. Ces photos ne sont pas toutes «techniquement» parfaites, mais je m’attache d’abord à saisir l’opportunité et l’instantané. La diversité extraordinaire de la nature est un vrai régal pour les yeux, alors bon visionnage !Photography and scuba diving in the Indian and Atlantic Ocean.

Histoire : VISITES SUBAQUATIQUES DES BARRAGES en soucoupe plongeante SP350

Yvon Gildas(;)o

1971 - soucoupe ch (3)

Les exploitants de barrages « importants » (c'est-à-dire répondant à des critères fixés par l’Administration) sont tenus de visiter leurs ouvrages régulièrement. Cette règle a évolué depuis son origine mais, en 1971, 10 ans après sa première mise en eau à sa cote maxi, elle devait être appliquée au barrage de Serre-Ponçon.

Il s’agit d’un barrage EDF, situé sur la Durance, concernant les départements des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute Provence, réalisé à l’époque selon une technique nouvelle, venue des États-Unis.

1971 - soucoupe ch (2)

Le barrage proprement dit est un noyau d’argile compactée, tenu en place par des talus (un à l’amont et un à l’aval), lesquels talus sont revêtus d’une protection contre l’érosion (enrochements à l’amont et gros galets à l’aval) Cette technique était la seule possible car on ne pouvait construire un ouvrage béton sur ce site, étudié depuis les années 1850, du fait que la rivière avait déposé des limons, au fil des millénaires, sur une hauteur d’une centaine de mètres, dans le sillon rocheux. Le barrage mesure 125 m de haut, 650 m d’épaisseur à la base et 600 m de long à sa crête.

A l’époque, les visites décennales se faisaient après vidange mais Serre-Ponçon présentait des particularités diverses qui ne plaidaient pas en faveur de cette méthode :

1971 - soucoupe ch (1)

(plongeur qui détache le crochet et la bouée, 1971)

 

Vidanger entièrement la retenue dans un délai assez rapide, risquait de créer des dégâts dans le noyau d’argile, ce qui ne se produit pas lors des vidanges partielles de fin d’hiver dans le cadre de l’exploitation normale.

1971 - soucoupe ch (4)(bateau qui tracte la soucoupe, 1971)

 

La Durance, à ce point de son cours, apporte annuellement 3 fois la capacité entière de la retenue, ce qui signifie que le remplissage aurait duré longtemps, après visite. Or, l’Agriculture a investi dans l’ouvrage et dispose d’une réserve d’eau pour irriguer la Provence, ce qui est nécessaire l’été. Il y avait donc un risque de pénurie.

Ce barrage ne craint pas les dégradations qui affectent parfois les ouvrages en béton, évidemment.

Soucoupe en 72 (2)

Il a donc été étudié une formule qui permette la visite sans vidanger et qui permette d’inspecter aussi l’ensemble des vannes et des ouvrages de prise d’eau, en béton. La solution était, évidemment, de disposer d’un sous-marin muni de hublots mais où le trouver ? La Calypso, du Cdt Cousteau, utilisait, depuis déjà un certain temps, ce qu’elle appelait une « soucoupe plongeante », capable de descendre à 350 m, d’où son nom « SP 350 ». Une société d’exploitation appelée « les Requins Associés » vendait les films et autres prestations. La soucoupe offrait 2 places, dont l’une pour le pilote, Il fallait se coucher à plat ventre devant un hublot (il y avait donc un hublot pour chacun). Des projecteurs et des caméras compétaient le matériel. L’énergie était fournie par des batteries et la propulsion se faisait par des jets d’eau orientables (par réaction). L’intérieur était étanche, à pression atmosphérique ; le tampon d’étanchéité était manœuvré de l’extérieur et la soucoupe était remorquée à la verticale du point de descente, pour économiser les batteries.

Soucoupe plongeante barrage de Chastang équipe Co-copie-1

(Soucoupe plongeante barrage de Chastang équipe Cousteau juin 1972)

 

Il s’agissait d’une première et une dizaine de plongées ont eu lieu, les 2 pilotes ayant été Albert Falco (récemment disparu) et André Laban. Cette solution, ayant donné satisfaction, a été ensuite adoptée pour d’autres barrages, même en béton.

Soucoupe en 72 (1)

 

Cependant, l’entreprise Cousteau avait d’autres buts et a cessé ses prestations dans ce domaine, favorisées par l’arrivée sur le marché de sous-marins plus « industriels ».


Soucoupe plongeante barrage de Chastang équipe Cousteau ju

(photo prise au barrage de Chastang, on voit bien Falco et Laban)

 

En anecdote, on peut rappeler l’incident qui s’est produit (heureusement sans conséquences), lors d’une plongée conduite par Falco : le fond de la retenue comportait des débris divers et la soucoupe s’est accrochée. Il a fallu toute la compétence du pilote et un temps qui a semblé bien long aux observateurs de surface, pour se dégager. Les batteries avaient fourni leur capacité car c’était à la fin de la journée, après plusieurs plongées. EDF a retenu la leçon et a fait nettoyer les fonds de retenue aux abords immédiats des barrages construits ensuite.


Soucoupe plongeante barrage de Chastang équipe Cousteau Ju

Soucoupe plongeante barrage de Chastang équipe Cousteau Juin 1972

 

Merci à Christian DEBERDT pour son récit et photos©

Commentaires

Le vieux scaf' 14/05/2012 18:12

Il est exact que la soucoupe présentait bien des avantages, car il n'est pas possible de vidanger totalement risquant de supprimer la pression des berges.
Encore fallait-il que l'eau soit relativement claire ce qui n'était pas la cas de tous les barrages
En plus on ne voit pas les micro fissures justes décelables par plongeurs en lachant dans l'eau de la fine poussière plastique pour voir si elle était aspirée
Tout un travail en fait que les plongeurs de la Sogétram connaissait bien
Mais c'est un très bel article très interressant
le vieux Scaf'